J’aime beaucoup les marguerites.
Leurs grandes fleurs blanches attirent immédiatement le regard.
Mais ce que plusieurs ignorent, c’est qu’elles peuvent aussi trouver leur place dans notre assiette.
La première fois qu’on découvre qu’une fleur aussi commune est comestible, on commence à les chercher du regard avant de passer la tondeuse !
Comment reconnaître la marguerite commune ?
La marguerite commune (Leucanthemum vulgare) est relativement facile à identifier lorsqu’elle est en fleurs. Ses grandes fleurs blanches entourent un centre jaune qui ressemble à un petit soleil. Toutefois, plusieurs autres plantes ont des fleurs semblables.
Pour l’identification, observe surtout les feuilles.
Les feuilles situées à la base de la plante sont vert foncé et bordées de petites dents. Elles sont entières, c’est-à-dire qu’elles ne sont pas découpées en plusieurs segments. Ce n’est pas comme pour les camomilles qui sont finement découpées en dentelle ou la grande camomille (parthenelle) avec des feuilles divisées en plusieurs lobes. Elles forment une rosette près du sol avant l’apparition de la tige florale.
Lorsque la tige monte pour produire les fleurs, les feuilles deviennent plus étroites et allongées, mais elles conservent leur forme simple, entière avec des petites dents sur la bordure.
Les fleurs, elles, mesurent entre 5 et 8 cm de diamètre et se trouvent sur de longues tiges. Habituellement, c’est une fleur par tige.
Si tu apprends à reconnaître la forme de ses feuilles, tu pourras distinguer beaucoup plus facilement la marguerite des autres fleurs blanches à cœur jaune que l’on rencontre dans les jardins et les milieux sauvages.
On la retrouve fréquemment dans les champs, le bord de la route, comme mauvaise herbe au jardin et sur les terrains laissés plus naturels. La marguerite commune est l’une des fleurs sauvages comestibles les plus faciles à reconnaître.
Note : comme toujours avec les plantes sauvages, assure-toi de bien identifier la plante avant de la consommer. En cas de doute, consulte un guide d’identification ou demande l’avis d’une personne expérimentée.
Toute la marguerite est comestible
Oui ! La marguerite commune (Leucanthemum vulgare) est une plante que l’on peut consommer de la première feuille jusqu’à la floraison.
Les feuilles, les tiges, les boutons floraux et les fleurs sont tous comestibles.
Les jeunes feuilles récoltées au printemps sont généralement les plus appréciées. Tendres et sucrées, elles peuvent être ajoutées aux salades ou utilisées comme les autres verdures sauvages.
Les boutons floraux sont également intéressants. On les récolte avant qu’ils s’ouvrent et on les mange tel quel. On peut aussi les cuisiner comme des câpres (voir recette ci-bas).
Les fleurs, elles, apportent surtout une touche de couleur à l’assiette. Les pétales peuvent être ajoutés aux salades, aux desserts ou utilisés comme décoration comestible.
Bref, il y a beaucoup plus à récolter sur une marguerite que ce que l’on pourrait croire.
Petite curiosité médicinale
Aujourd’hui, la marguerite est surtout connue comme plante ornementale. Pourtant, elle a aussi été utilisée dans certaines traditions populaires européennes.
On la retrouvait notamment dans des préparations pour la santé respiratoire, comme lors des rhumes, de la toux ou des bronchites. Certaines sources lui attribuent également des propriétés diurétiques, toniques et antispasmodiques.
Bien que la marguerite soit beaucoup moins utilisée en herboristerie que la camomille, son histoire nous rappelle qu’une plante commune peut parfois cacher des usages oubliés.
Que contient la marguerite ?
La marguerite fabrique une foule de molécules pour assurer sa survie. Les chercheurs ont notamment identifié plusieurs polyphénols dans ses fleurs, dont la quercétine, la lutéoline, la rutine ainsi que des acides phénoliques comme l’acide chlorogénique et l’acide caféique. Ces molécules appartiennent à des familles reconnues pour leur activité antioxydante.
On retrouve d’ailleurs plusieurs de ces composés dans les fruits et les légumes. Et ça nous rappelle que les plantes comestibles comme la marguerite ne fournissent pas juste des vitamines et des minéraux, mais aussi plusieurs autres molécules bioactives.
Individuellement, leurs effets peuvent sembler modestes. Mais, lorsqu’elles sont consommées ensemble dans le cadre d’une alimentation variée, ces molécules agissent en synergie et contribuent à une meilleure santé générale.
Malgré la présence de ces composés, la marguerite demeure étonnamment douce au goût. Ses jeunes feuilles sont généralement moins amères que plusieurs autres plantes de la famille des Astéracées.
Et comme pour plusieurs plantes sauvages comestibles, la cueillir et la consommer rapidement permet de profiter au maximum de sa fraîcheur et de ses bienfaits.
Recette : des câpres de marguerite maison
Les boutons floraux de marguerite peuvent être transformés en petites câpres végétales surprenantes. C’est une excellente façon de profiter de cette plante abondante tout en découvrant une nouvelle saveur.
Ingrédients
- 125 ml de boutons floraux de marguerite encore fermés
- 125 ml de vinaigre de cidre (ou un autre vinaigre doux)
- 5 ml de sel
- 15 ml de sucre
Préparation
- Récolte les boutons floraux avant leur ouverture.
- Rince-les et laisse-les bien s’égoutter.
- Dépose les boutons dans un petit pot propre.
- Porte à ébullition le vinaigre, le sel et le sucre.
- Verse immédiatement le mélange bouillant sur les boutons floraux.
- Ferme le pot et laisse refroidir avant de le placer au réfrigérateur.
Patiente ensuite 2 à 3 jours avant de les déguster afin que les saveurs aient le temps de se développer.
Petite astuce
Si les boutons te semblent un peu trop coriaces, fais-les cuire directement dans le vinaigre bouillant pendant environ 1 minute avant de les mettre en pot.
À quoi ça sert de connaître la phytochimie d’une plante ?
La phytochimie permet de mieux comprendre ce que l’on met dans son assiette.
Une plante est-elle surtout intéressante pour ses qualités nutritionnelles ? Contient-elle des principes actifs particuliers ? Y a-t-il des substances dont il faut limiter la consommation ? Des composés antinutritionnels ?
Ces questions sont importantes, car les plantes produisent une foule de molécules différentes. Plusieurs servent à les protéger des insectes, des microorganismes ou des animaux qui voudraient les manger. Ce sont souvent ces mêmes molécules qui peuvent être à l’origine de certaines propriétés médicinales, mais aussi de précautions d’emploi ou de limites de consommation.
Comprendre la composition chimique d’une plante permet donc de l’utiliser de façon plus éclairée et plus sécuritaire.
Après tout, derrière une simple marguerite se cache bien plus qu’une jolie fleur blanche !
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