Mes récoltes médicinales d’automne

Récoltes de plantes médicinales en automne, les souliers pleins de bouette

Certains ont une vision romantique de l’herboristerie : cueillette des fleurs en slow motion, lumière dorée, petit panier en osier à la main, ambiance Instagram. Mais mes récoltes médicinales d’automne, c’est plutôt : des souliers pleins de bouette, une fourche plantée dans le sol, une pelle qui me regarde en disant « tu pensais que ce serait facile ? », un sécateur dans une poche et des gros gants de travail dans les mains. 😅

Cet automne, j’ai récolté : ail, racines de pissenlit, racines de guimauve, racines de consoude, racines de savoyane et noix de noyer… et voici ce que je fais avec chacune d’elles.

Ail — mon incontournable

L’ail, je l’ai récolté en août mais c’est en novembre que je prends enfin le temps de le décortiquer :
→ une partie pour la cuisine,
→ une partie pour mon fameux vinaigre d’ail (recette dans mon ebook gratuit 👀),
→ et quelques belles gousses que je replante aussitôt, pour la récolte de l’an prochain.

(Oui, replante ton ail à l’automne. Il aime hiberner dans la terre et repartir dès la fonte des neiges.)

Bulbes d'ail frais dans un panier de récolte

Ce vinaigre-là… je l’utilise tout l’hiver.
Il est déjà prêt : quelques gouttes dans un verre d’eau et voilà ! — ton corps dit merci.
Et bonus non négligeable : pas d’haleine d’ail, merci le vinaigre 🙏

Tu le sais peut-être déjà mais, l’ail est une plante à tout faire :

  • Ajuste le microbiote (plus de bonnes bactéries 🦠)
  • Stimulant immunitaire (tu sens venir le rhume ? 😷 bye bye rhume 😁 )
  • Hypotenseur (un allié pour la tension artérielle!)
  • Protecteur cardiovasculaire (réduit le cholestérol)
  • Hypoglycémiant (coup de pouce pour la régulation du sucre sanguin)
  • Tonique général (vitalité, énergie, moins d’acide lactique chez les sportifs)
  • Anti-inflammatoire + antioxydant (effets anti-âge)
  • Antiparasitaire & assainissant intestinal (ex. candida, parasites, dysbiose)
  • Mucolytique & expectorant (libère le nez et les bronches)

Guimauve — la racine gélatineuse

La guimauve, je la récolte à l’automne, quand toute l’énergie de la plante est descendue dans ses racines.

Récolte de racines de guimauve (Althaea officinalis) 🌿 #guimauve #plantesmedicinales

Une fois déterrée, je :
→ brosse et nettoie les racines vite vite (sans trop les gorger d’eau),
→ je les coupe en rondelles minces ou en bâtonnets,
→ puis je les fais sécher au séchoir à basse température (< 40°C).

Les super-pouvoirs de la guimauve :

  • Apaise et adoucit toutes les muqueuses irritées (gorge, œsophage, estomac, intestins, vessie… elle ne fait pas de jaloux)
  • Soulage l’inflammation digestive (gastrite, reflux, colite, intestin irritable)
  • Adoucit les intestins “trop pressés” ou “en mode trop lent
  • Calme la toux sèche et dégage les bronches
  • Soutient les voies urinaires sensibles (cystite, irritation)
  • Favorise la réparation des tissus fragilisés
  • En usage externe : apaise rougeurs, démangeaisons, irritations, petites gerçures

Bref… c’est une caresse végétale pour l’intérieur, un manteau de douceur pour tout ce qui pique, gratte, brûle ou s’irrite.

Voici mes 3 façons de préparer la racine de guimauve :

  1. Infusion à froid (principalement pour les mucilages) : 30 ml de racines en poudre / 1 litre d’eau. Laisser reposer plusieurs heures au frigo (ou toute la nuit) et filtrer.
  2. Infusion chaude (plus rapide) : 30 ml de racines en poudre / 1 litre d’eau bouillante. Infuser 15 minutes, puis filtrer.
  3. Décoction courte (pour les racines en morceaux) : 60 ml de racines en tronçons / 1 litre d’eau. Frémir 15 minutes, éteindre le feu. Laisser macérer 30 minutes, puis filtrer.

Pissenlit — la racine qui équilibre

La plupart des gens voient juste la petite fleur jaune qui envahit le gazon.
Moi, je vois une plante souterraine qui travaille comme une championne.

Je récolte les racines de pissenlit (Taraxacum officinale) à l’automne pour leur qualités médicinales maximales. Quand elles sont bien concentrées, bien prêtes à aider le foie à se remettre de tout ce qu’on lui a fait subir pendant l’été 😅

Je les récolte aussi au printemps quand je désherbe (pour rentabiliser mon jardinage 😇), mais entre nous… c’est à l’automne qu’elles sont à leur top : plus denses et pleines de réserves parce que la plante a tout descendu dans la racine pour se préparer à l’hiver.

Une fois déterrées, je :
→ les brosse rapidement (sans les détremper),
→ je les coupe en tronçons ou rondelles,
→ puis je les fais sécher doucement jusqu’à ce qu’elles soient bien cassantes (environ 35°C).

Récolte de racines de pissenlit (Taraxacum officinalis)
Racines de pissenlit

Pourquoi la racine de pissenlit ?

  • Draine et soutient le foie (ton usine de détox personnelle 💛)
  • Stimule la production de bile → meilleure digestion, surtout des gras
  • Diurétique doux (il aide à éliminer l’excès d’eau sans vider le potassium — rare, ça !)
  • Riche en minéraux (potassium, calcium, magnésium)
  • Régule la glycémie (grâce à l’inuline)
  • Prébiotique naturel → nourrit le bon microbiote 🦠
  • Tonique global : peau plus claire, énergie meilleure, digestion plus heureuse

Bref… il nettoie, nourrit et reconstruit en même temps.

Voici mes 3 façons de préparer la racine de pissenlit :

  1. Décoction (pour les racines en morceaux) : 60 ml de racines en tronçons / 1 litre d’eau. Frémir 15 minutes, éteindre le feu. Laisser macérer 20 minutes, puis filtrer.
  2. Infusion chaude (plus rapide) : 30 ml de racines en poudre / 1 litre d’eau bouillante. Infuser 15 minutes, puis filtrer.
  3. Latté (meilleur au goût) : 30 ml de racines en poudre / 500 ml de lait végétal. Amener tout juste au point d’ébullition, éteindre le feu. Laisser macérer 10 minutes, puis filtrer.

Savoyane — l’or sous terre

La savoyane, c’est une pépite méconnue de nos forêts de conifères.

Savoyane, plante peu connue des forêts du Québec

Ce que je récolte, ce sont ses rhizomes jaune doré, bien cachés sous la mousse.
Je les déterre à l’automne, quand ils sont pleins de vitalité et de principes actifs, puis je :

→ les rince rapidement (sans les tremper),
→ et je les sèche à l’air libre jusqu’à ce qu’ils cassent net.

Pourquoi la savoyane ?

  • Super antiseptique naturel (infections buccales, digestives, respiratoires)
  • Cicatrisante et réparatrice (muqueuses irritées, à l’interne comme à l’externe)
  • Tonique amère (stimule la digestion, réveille l’appétit… et le foie au passage 😉)
  • Vermifuge (élimine les parasites)

Bref… elle désinfecte, répare et assainit.

Voici mes 2 façons de préparer la savoyane :

  1. Infusion chaude : 5 ml de rhizomes / 250 ml d’eau bouillante. Infuser 30 minutes, puis filtrer.
  2. En synergie avec une plante mucilagineuse comme la guimauve.

Si tu te demandes « Par où je commence avec les plantes médicinales ? » — j’ai créé une page juste pour ça 💚 👉 Débutez par ici !

Consoude — la racine qui ressoude tout

La consoude, c’est un vrai défi !
Tu ne la récoltes pas, tu la conquiers.
Et ça se fait avec une pelle, les deux pieds ancrés, un peu de sueur et un bref moment où tu te demandes si elle ne s’est pas enracinée jusqu’au centre de la planète ! 😅

Je la récolte à l’automne, quand elle a tout stocké dans sa racine pour survivre à l’hiver.
Une fois sortie de terre (victoire ✊), je :

→ les brosse sans les tremper,
→ je les coupe en rondelles ou longues lanières,
→ puis je les fais sécher jusqu’à ce qu’elles soient dures comme du bois.

Pourquoi la consoude est si impressionnante ?

Parce qu’elle contient de l’allantoïne, un composé qui stimule la régénération des tissus.
En utilisation-terrain, ça se traduit par :

  • Cicatrisante + régénérante (plaies, gerçures, peaux abîmées)
  • Réparatrice des tissus (ligaments, muscles, entorses, foulures, contusions)
  • Apaisante pour l’inflammation locale
  • Accélère la reconstruction des os (d’où son surnom : knitbone, “tricote les os”)
  • Excellente en usage externe pour tout ce qui a besoin d’être ressoudé, réparé, recollé

Cataplasme minute
→ Poudre de racine + un peu d’eau chaude pour faire une pâte
→ Appliquer sur la zone, couvrir 20 à 30 minutes
→ Idéal pour les petits bobos sportifs ou les vieux “ayoye” persistants

Noyer — les mains vertes

Le noyer… j’attendais ce moment depuis longtemps, mettons 😅
Cette année, enfin : ma toute première récolte, après 12 ans à surveiller attentivement chacun des arbres. En tout cas, j’ai ramassé chaque noix comme si c’était une chasse au trésor dans l’herbe !

Normalement, le brou de noix (cette enveloppe autour de la noix) est séché et foncé avant d’être utilisé.
Mais on peut aussi l’utilisé frais pour une teinture, ce que j’ai fais.

Bonus non prévu au protocole : mon gant a percé.
Résultat ? Un pouce teinté jaune-brun pendant 10 jours 😄

Récolte de noyer noir, la noix la plus dure du Québec #récolte #noyerNoir

Pourquoi je vais utiliser la brou du noyer ?

Pour ses propriétés comme :

  • Antiseptique puissant (grâce entre autres à la juglone)
  • Antiparasitaire et vermifuge
  • Fongicide (Candida, mycoses, déséquilibres internes)
  • Astringent et cicatrisant (muqueuses, peau irritée)
  • Dépuratif (soutient l’élimination)
  • Tonique digestif
  • Tonique circulatoire (hémorroïdes, petits vaisseaux fragiles)
  • Riche en minéraux (fer, calcium, magnésium, oligo-éléments)

2 thoughts on “Mes récoltes médicinales d’automne

  1. Bonjour Mélanie, effectivement, la patience est de mise avec la récolte de racines! De mon côté, le  »enfin » va aux racines de grande aunée, de valériane et de réglisse. Je les avais plantées il y a plus de 3 ans. J’ai eu le plaisir de constater qu’elles s’étaient propagées. J’ai pu en prélever et en laisser pour les années prochaines. J’ai aussi fait des tests pour voir ce que ça donnerait si je replantais les collets avec un peu de racines pour l’aunée… à suivre. C’était la première fois que je les transformais. Je devrais pouvoir filtrer mes teintures à l’alcool bientôt!

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