🌿 Depuis toujours, j’observe le vivant
Ma passion pour la nature ne date pas d’hier. Enfant déjà, je passais des heures dehors — en forêt, dans les champs, au bord de l’eau.
J’ai eu la chance (ou la malchance 😉) d’être l’aînée et de passer beaucoup de temps seule. Je me souviens de mon père construisant notre maison : il avait choisi un endroit en pleine forêt. Pendant que tout le monde était occupé, moi, je passais mon temps à observer mon environnement.

Que pouvais-je faire d’autre, de toute façon ? Il n’y avait pas de cellulaires, pas d’ordinateurs… et la télé, c’était Passe-Partout le matin, puis plus rien à signaler !
Je n’ai pas attendu l’école pour apprendre à lire… j’étais trop pressée. Pressée de savoir décoder ces livres qui me semblaient empreints de magie. Je voulais apprendre.

Reconnaître les arbres. Identifier les plantes sauvages. Tester, expérimenter, toucher, sentir.
Sans le savoir, je faisais déjà mes premiers pas en herboristerie. Mes premiers livres d'identification étaient les Fleurbec...ils me suivaient partout !

Note: Avec le temps, j’ai fini par les perdre de vue. Je crois que mes parents ont dû les donner à une librairie lorsque j’ai quitté la maison. Mais les synchronicités font parfois bien les choses… Lors de mon congé de maternité, ces ouvrages me sont revenus en mémoire. Et, comme par magie, je les ai retrouvés chez une voisine qui me les a vendus pour 1 $.
J'avais 7 ans...et je faisais déjà mon premier herbier.

Je trouve dommage que les jeunes d’aujourd’hui soient si peu exposés à ces connaissances. Apprendre à reconnaître ce qui nous entoure, à nommer le vivant… c’est la base, non ?
🔬 Les sciences… et le laboratoire
Au moment de choisir une voie professionnelle, les sciences naturelles se sont imposées comme une évidence. Au cégep, j’ai découvert les extractions de plantes. Je me souviens encore de ce cours de chimie où nous avons extrait le clou de girofle… puis fabriqué du savon. J’étais conquise ! J’ai alors choisi la chimie, parce que c’était le domaine qui me paraissait le plus palpitant pour préparer des produits naturels. En 1997, j’obtenais un baccalauréat en chimie à l’Université de Sherbrooke.

Pendant les 12 années suivantes, j’ai travaillé en laboratoires pharmaceutiques : analyses de produits, gestion d’équipes et coordination de projets. J’adorais manipuler les équipements, être au cœur du laboratoire. J’aimais la rigueur, la précision, le langage de la chimie… mais quelque chose me manquait. Où étaient donc passés les plantes ? On aurait dit que plus personne ne s’y intéressait.
Était-ce dû à la mondialisation, à ce semblant de modernité ? Une chose était claire : les plantes ne semblaient tout simplement pas intéressantes sur le plan économique. Impossible de breveter une substance naturelle… alors, pourquoi s’y intéresser ?
💚 Le point de bascule
Un point tournant est arrivé lorsque j’ai voulu fonder une famille — et que ça ne fonctionnait pas.
Comme beaucoup, j’ai d’abord cherché des réponses du côté de la médecine moderne. Mais j’ai vite senti que cette voie me plongeait dans un état émotionnel de plus en plus lourd. Je perdais le sens de mon quotidien, je me sentais déconnectée… perdue et dépendante.
Mais voilà, j’ai eu la chance de croiser des thérapeutes passionnées. Des femmes généreuses, profondément vivantes, habitées par une joie de vivre contagieuse. À leur contact, quelque chose s’est rallumé en moi. C’est ainsi que je me suis naturellement tournée vers la médecine naturelle. 💚

Ce chemin m’a menée à la naissance de deux enfants en parfaite santé.

Et surtout, à une prise de conscience profonde : je voulais leur offrir — et m’offrir — ce qu’il y a de mieux pour vivre en santé, durablement. 💚
🌱 L’herboristerie : un retour à l’essentiel
Avant 2010, je ne connaissais même pas le mot herboristerie. C’est en faisant des recherches sur le web que j’ai découvert qu’il était possible de se former comme herboriste thérapeute, en étudiant les plantes par correspondance.
En 2010, j’ai commencé mes études à l’Herbothèque, la plus ancienne école d’herboristerie au Québec.
Dans mon petit terrain de banlieue, j’ai créé mes premiers jardins, testé des recettes, fabriqué mes propres produits… et décortiqué, avec un œil de chimiste, les étiquettes des produits du commerce. Je ne voulais pas seulement apprendre les plantes, je voulais les connaître en profondeur. Et quoi de mieux, pour y arriver, que de les faire pousser moi-même — de la graine à la cueillette, puis jusqu’aux produits dans mes armoires.
C’est ainsi qu’en 2011, j’ai fondé HerbaSimple, avec l’envie de proposer des produits formulés à partir d’ingrédients simples, cohérents et respectueux du vivant.
Crèmes, baumes, onguents, sérums, savons, sels de bain… j’ai fabriqué et vendu mes créations pendant plusieurs années.

À cette époque, fabriquer ses propres produits à la maison n’était pas chose courante. Les ingrédients n’étaient pas faciles à trouver, et j’ai dû faire énormément de recherches personnelles pour y arriver. Il n’y avait pas non plus la diversité actuelle en matière de produits respectueux de l’environnement. Trouver des produits réellement sains était, à l’époque, étonnamment difficile. Imaginez… il y avait des parabènes, des phtalates, et même du bisphénol A dans les produits courants.
🧪 Quand la chimie rencontre l’alchimie
Parallèlement, mes explorations se poursuivaient aussi sur un plan plus intérieur.
En 2012, j’ai découvert l’alchimie végétale — un univers qui m’a immédiatement fascinée. L’idée que l’on puisse préparer des produits qui continuent d’évoluer dans le temps, qui mûrissent, qui accumulent de l’énergie… ouvrait une toute nouvelle perspective.

S’en sont suivis des voyages initiatiques marquants en Égypte et au Pérou, qui ont profondément transformé ma perception du monde et du vivant. Ces aventures m’ont permis de retrouver une grande joie de vivre… je me sentais enfin sur mon X.


J’ai étudié l’Alchemical Herbalism de Sajah Popham, les enseignements de Dennis William Hauck, ainsi que les travaux de Robert Bartlett… des lectures que je poursuis encore aujourd’hui.
ll y a toujours eu, et il y aura sans doute toujours, des questions existentielles qui me taraudent… Quelle est la différence entre une molécule synthétique et une molécule naturelle ? Sur le plan de la structure, elles peuvent être identiques, et pourtant, quelque chose semble différent. Serait-ce une question de géométrie, de la façon dont elles cristallisent et se comportent en trois dimensions ? Serait-ce la présence des autres molécules qui les accompagnent ? Ou encore une vibration plus subtile, une fréquence sonore ?

Ces expériences ont enrichi ma pratique d’une dimension plus subtile, tout en restant profondément ancrée dans la matière.
🌾 La terre, les plantes… et la transmission
En 2013, j’ai fait le choix de m’installer à la campagne.

J’y ai créé de vastes jardins en permaculture, qui me donnent aujourd’hui accès à une grande diversité de plantes médicinales. Certaines sont sauvages, d’autres sont vivaces et bien implantées, tandis que d’autres encore sont des annuelles que je sème, entretiens et récolte chaque année. Ces jardins sont devenus un véritable laboratoire à ciel ouvert : j’y filme plusieurs récoltes que je partage sur ma chaîne YouTube, et sur mon blog.

J’ai complété ma formation comme herboriste thérapeute et ouvert mon bureau de consultation en 2017. Ces années de pratique m’ont appris une chose essentielle : utiliser les plantes au quotidien n’est pas toujours simple. Cela demande de la constance, de l’écoute… et une certaine discipline.

Puis, en 2018, j’ai rejoint l’équipe de l’Herbothèque comme enseignante et tutrice.
J’y ai suivi la formation Herbal Constituents – Foundation in Phytochemistry avec Lisa Ganora, et participé à la mise à jour des contenus pédagogiques liés à la chimie des plantes.
À ce moment-là, tout s’est mis en place. La curiosité de l’enfant qui observait le vivant, la rigueur de la chimiste formée en laboratoire, l’herboriste de terrain, la maman, la jardinière, la praticienne… tout convergeait enfin.
C’est là que ma spécialisation en phytochimie s’est pleinement affirmée : un pont naturel entre la science, la plante vivante et la transmission.
🌿 Aujourd’hui
Aujourd’hui, à travers HerbaSimple, j’enseigne la chimie des plantes, les préparations médicinales et surtout…
👉 comment penser comme une phytochimiste, pour devenir autonome, confiante et éclairée dans l’utilisation des plantes.
C’est profondément satisfaisant pour moi de pouvoir faire le lien entre la science, le terrain et l’expérience humaine, et de les transmettre de façon cohérente et accessible.
Avec rigueur, mais sans jargon inutile.
Avec science, mais toujours avec cœur.

