4 façons de préparer la camomille

4 façons de préparer la camomille : tisane, teinture, huile essentielles, macérât huileux

4 façons de préparer la camomille… et pourtant, on cherche encore “la meilleure”.

Si tu t’es déjà demandé pourquoi la camomille ne te fait pas le même effet selon que tu la prends en tisane, en extrait ou en huile essentielle, tu n’es pas bizarre.

La camomille ne change pas.
Ce qui change, c’est la façon dont tu la prépares — et donc, les molécules que tu invites réellement dans ta tasse, ton flacon ou ton diffuseur.

Dans cet article, je te montre 4 façons courantes de préparer la camomille (infusion, teinture, huile essentielle, macérât huileux)… et surtout, pourquoi aucune n’est “la meilleure” en soi.

Tout dépend de ce que tu veux que la plante fasse pour toi.

1. Tisane de camomille

Quand on pense à la camomille allemande (nom latin : Matricaria chamomilla=Matricaria recutita), on pense presque automatiquement à la tisane du soir.
C’est la forme la plus simple, la plus accessible… et parfois la première porte d’entrée dans le monde des plantes médicinales.

Avec une infusion, tu utilises simplement l’eau chaude pour “aller chercher” une portion des molécules dans la plante — notamment celles qui aiment l’eau, comme certains composés apaisants… des mucilages, ces substances qui donnent un côté doux et un peu “enrobant”.

Résultat : tu obtiens surtout la facette la plus douce de la camomille — celle qui apaise et enveloppe.

👉 C’est pour ça que l’infusion est particulièrement intéressante pour :

  • soutenir un estomac sensible (reflux gastriques légers, irritations)
  • calmer les petits spasmes digestifs (coliques, inconforts)
  • accompagner un rituel de détente en fin de journée

Tisane de camomille en usage externe

L’infusion de camomille ne sert pas seulement à être bue.

Utilisée en compresses sur les yeux, elle met aussi à profit cette facette douce et apaisante de la plante. C’est une application toute simple pour soulager des yeux fatigués, rouges ou irrités (après une journée devant un écran, par exemple).

On utilise une infusion bien filtrée et refroidie.

Fleur fraîche ou fleur séchée : même infusion, expérience différente

Petite nuance souvent oubliée :
une infusion de camomille fraîche ne goûte pas la même chose qu’une infusion de camomille séchée.

Fait surprenant : l’infusion de fleurs fraîches est beaucoup plus fruitée. Personnellement, je trouve que la saveur rappelle la pomme ou l’ananas.

Quand la fleur est séchée, ces composés aromatiques se modifient en partie,
et d’autres molécules plus amères ressortent davantage.
L’infusion peut vite prendre de l’amertume si on la laisse infuser trop longtemps.

Même plante.
Même technique.
Et pourtant, pas tout à fait la même expérience.

2. Teinture de camomille

La teinture, peut impressionner au départ.
Petit flacon, goût fort, odeur d’alcool… on a l’impression d’entrer dans quelque chose de plus “sérieux” que la simple tisane.

Et en un sens, ce n’est pas faux.

En passant de l’infusion à la teinture, on change de registre.
On perd le côté “enveloppant” lié aux mucilages qu’on retrouve dans la tisane,
mais on met davantage en avant la facette aromatique de la camomille — celle qui agit plus directement sur les spasmes digestifs, les ballonnements et l’agitation intérieure.

👉 La teinture est souvent utilisée pour :

  • soulager l’inconfort digestif (ballonnements, gaz, digestion difficile)
  • apaiser l’agitation, l’irritabilité nerveuse, la nervosité “qui tourne en rond”
  • calmer certains inconforts inflammatoires légers (traditionnellement : maux d’oreille, poussées dentaires chez l’enfant)

Teinture de camomille allemande prête à utiliser via ce lien*

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La teinture met aussi davantage en valeur la facette digestive et légèrement amère de la camomille,
ce qui peut indirectement soutenir le confort digestif global, notamment quand la digestion est lente.

On prend quelques millilitres à la fois, et le petit flacon se transporte facilement.
C’est souvent ce qui la rend plus simple à utiliser au quotidien pour certaines personnes.

3. Huile essentielle de camomille

Quand on parle d’huile essentielle, on a souvent l’image d’une plante “ultra concentrée”.
Comme si on avait pris la camomille… et qu’on l’avait mise en mode turbo.

Petite subtilité intéressante :
l’huile essentielle de camomille n’est pas seulement une “concentration” de ce qu’il y avait dans la fleur.

Une transformation, pas juste une extraction

Huile essentielle de camomille allemande (Matricaria chamomilla) bleue
Huile essentielle de camomille allemande (Matricaria chamomilla)

Le processus de distillation transforme aussi certaines molécules de la plante.
Sous l’effet de la chaleur (dans des conditions pauvres en oxygène), des composés présents dans la fleur se transforment en chamazulène — une molécule reconnue pour ses effets anti-inflammatoires de couleur bleu vif.

Autrement dit : avec l’huile essentielle, on ne fait pas juste extraire la camomille…
on la fait aussi changer de visage.

Résultat : on est encore dans un autre registre que la tisane ou la teinture.

👉 L’huile essentielle de camomille est surtout utilisée pour :

  • calmer l’inflammation (peau, muqueuses, tissus irrités)
  • apaiser la douleur
  • soulager les démangeaisons
  • atténuer certaines réactions allergiques (petite ironie intéressante : plusieurs molécules allergènes typiques des astéracées sont quasi absentes de l’huile essentielle).
  • apaiser les tensions nerveuses et émotionnelles
  • soutenir la détente et le relâchement (stress, agitation intérieure)

4. Macérât huileux de camomille

On reste dans l’univers de l’huile… mais sans distillation, sans transformation thermique, et avec une action intéressante pour les soins de la peau et des cheveux.

Concrètement, on fait macérer la camomille dans une huile végétale.
L’huile va alors aller chercher les composés qui aiment l’huile — mais sans créer de nouvelles molécules comme c’est le cas avec la distillation pour l’huile essentielle.

Résultat : on obtient une préparation qui met en avant la dimension réparatrice et apaisante de la camomille, pour un usage externe.

👉 Le macérât huileux de camomille est surtout utilisé pour :

  • apaiser la peau sensible, irritée ou échauffée
  • calmer les rougeurs, les inconforts cutanés, les petites inflammations locales
  • soutenir la réparation de la peau
  • servir de base douce pour des soins maison (baumes, onguents, huiles de massage)

Petite parenthèse capillaire :

Par ailleurs, on entend souvent dire que la camomille “blondit” les cheveux. En réalité, cet effet est surtout associé aux rinçages à l’infusion de camomille, qui peuvent raviver les reflets blonds ou dorés de façon progressive.

Le macérât huileux, lui, n’a pas vraiment cet effet “éclaircissant”. Il est plutôt utilisé pour nourrir, apaiser le cuir chevelu et protéger la fibre capillaire.

Précautions d’utilisation pour la camomille

La camomille (Matricaria chamomilla) est une plante réputée pour sa douceur.
D’ailleurs, elle est utilisée traditionnellement chez les tout-petits (en tisane diluée, en compresses ou en bain).

Allergies aux astéracées

Les personnes allergiques aux plantes de la famille des astéracées (marguerite, ambroisie, arnica, achillée, etc.) peuvent réagir à la camomille. On teste toujours une petite quantité au départ, surtout en usage cutané.

Grossesse et allaitement

L’infusion de camomille, consommée occasionnellement, est considérée comme une forme très douce.

Pour les formes plus concentrées (teinture, huile essentielle), on recommande davantage de discernement, surtout parce qu’on manque de données claires et spécifiques dans ce contexte.

La camomille est parfois classée comme “emménagogue” dans la littérature traditionnelle.
Dans les faits, son action semble plutôt liée à ses effets calmants sur le système nerveux, ce qui peut indirectement influencer un cycle perturbé par le stress. Elle n’est pas considérée comme une plante utérotonique forte.

Ces informations sont offertes à titre éducatif.
Pour toute situation particulière (grossesse, condition de santé, médication), n’hésite pas à demander l’avis d’un·e professionnel·le de la santé.

En résumé : 4 façons de préparer la camomille

Avec la camomille, il n’existe pas UNE “meilleure” façon de faire.
Il existe surtout des façons différentes de faire parler la même plante.

  • La tisane (infusion)
    → met en avant la facette la plus douce et enveloppante
    (apaisement, digestion, confort des muqueuses)
  • La teinture
    → fait ressortir une facette plus aromatique et plus marquée
    (spasmes digestifs, ballonnements, nervosité, usage pratique au quotidien)
  • L’huile essentielle
    → exprime la fraction volatile de la plante,
    avec des molécules spécifiques issues de la distillation
    (action anti-inflammatoire majeure, apaisante, ciblée)
  • Le macérât huileux
    → met en avant la facette lipophile,
    idéale pour les soins de la peau et des tissus en usage externe

Même plante.
4 façons de la préparer.

Et alors ?

Si une seule plante peut déjà se préparer de 4 façons différentes,
imagine ce que ça change quand tu comprends les techniques derrière chaque préparation.

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Références

BRUNETON, Jean. Pharmacognosie, Phytochimie, Plantes médicinales, 4e édition, Éditions Tec & Doc, Paris, 2009, 1269 p.

Gazmend Skenderi, «Herbal Vade Mecum», Herbaxy Press, New Jersey, 2003, 480 p.

FAUCON, Michel. Traité d’aromathérapie scientifique et médicale, Ed. Sang de la Terre et Médial, Paris, 2012, 880p.

6 thoughts on “4 façons de préparer la camomille

    1. Merci pour ta question 😊 La teinture est en effet moins connue que la tisane, mais elle se consomme surtout par voie orale. On en prend quelques gouttes diluées dans de l’eau, c’est simple et pratique quand on n’a pas le temps de faire infuser.

  1. Merci pour ces précieuses informations. J’utilise l’HE de camomille romaine pour ses vertus apaisantes sur certains points d’acupuncture pour calmer l’esprit mais je ne connaissais pas le macérat huileux. Je vais m’en procurer pour prendre soin de mes cheveux un peu secs. Merci beaucoup !

  2. Merci pour cet article très complet et dans lequel j’ai appris la teinture de camomille.
    Y a t il beaucoup de différences entre camomille romaine et allemande dans leurs propriétés?
    Et j’ai lu que quelquefois une plante peut avoir l’effet inverse chez une personne ( chez moi le tilleul ne me calme pas). Qu’en penses tu ? Merci

    1. Il y a quelques différences notables entre les deux camomilles. La camomille romaine est plus amère, moins antispasmodique et moins anti-inflammatoire que la camomille allemande. Elle a aussi une légère action emménagogue, ce qui implique plus de précautions pendant la grossesse. La composition de l’huile essentielle de la romaine est vraiment différente de celle de l’allemande, et leurs usages aussi.

      Concernant le tilleul, oui, il y a parfois des “surprises” difficiles à expliquer : on ne réagit pas tous de la même façon aux plantes, et l’observation personnelle reste super importante. C’est souvent sur l’effet “calmant vs stimulant” qu’on observe le plus de différences d’une personne à l’autre. Je vois souvent ça avec la valériane, parfois trop “chaude” pour certaines personnes.
      Le tilleul, lui, est plutôt décrit comme légèrement sucré, humide et rafraîchissant. Sur le plan énergétique, il agit surtout sur l’irritation. Possible que ce ne soit tout simplement pas le bon “profil” de plante pour t’amener dans la détente.

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