Faire germer la vie en hiver

Faire germer la vie en hiver

Il y a des moments où le corps dit clairement : pause.
Pas une pause élégante avec tapis de yoga et smoothie vert… non.
Une vraie pause. Fatigue. Estomac dérangé. Peu d’appétit. Le goût de rien.
Même pas le goût de bouger. Encore moins celui de cuisiner.

C’est ce qui m’est arrivé après une infection virale cet hiver.

Dehors, il faisait froid. Dedans, c’était gris aussi.
Et j’avais surtout une envie très simple, presque primitive : de la lumière et de la vie.

Pas un remède miracle.
Pas une cure compliquée.
Juste quelque chose de vivant, de nourrissant, de doux pour mon système digestif… et pour le moral.

Une envie très simple s’est imposée : faire germer la vie en hiver.

C’est là que mon rituel de germinations maison a débuté.

Mon rituel de germinations

Je n’ai pas fait de mélange compliqué.
J’ai choisi des pois secs qui traînaient dans mon armoire, tout simplement. Ils étaient vieux, probablement âgés de quelques années. Je n’étais pas certaine d’en obtenir quelque chose.

Et pourtant… ils ont germé.

Les voir se réveiller malgré l’hiver — et malgré mon humeur — m’a fait énormément de bien. J’étais sincèrement émerveillée.
Comme si la vie n’attendait qu’un peu d’eau, un minimum d’attention pour repartir.

Et ça m’a rappelé quelque chose d’essentiel : mon corps aussi pouvait revivre après ce moment difficile. 😇

J’aurais pu choisir d’autres graines.
Mais j'ai les pois parce qu'ils me ramènent à mon enfance, quand je les mangeais directement dans le jardin. Ce souvenir-là me ramène de la joie, ce goût vert, frais, vivant. 🌞

Comment je fais germer mes pois

Faire germer des pois, c’est simple, accessible, et rassurant quand on est fatiguée.

J’ai utilisé des pois à germer bio d’Artisan Tradition, une marque que j’apprécie parce qu’elle propose des graines certifiées biologiques, faciles à faire pousser chez soi.

J’utilise un germoir minimaliste : un simple bocal muni d’une grille, posé dans un support incliné à environ 45°. Rien de compliqué.

Germoir pour la germination des pousses nutritives

1. Rinçage des pois

Je mets les pois dans le germoir et je les rince sous l’eau claire pour enlever la poussière et les petites impuretés.

2. Trempage

Je remplis ensuite le bocal d’eau propre et je laisse tremper les graines 8 à 12 heures.
Déjà là, on sent que quelque chose s’amorce. Les pois se gonflent, se réhydratent et changent de couleur… la vie se réveille doucement.

3. Égouttage

Après le trempage, j’enlève l’eau, je rince une dernière fois, puis j’égoutte bien.
Je place le bocal inversé à 45°, pour que l’eau ne stagne pas.

4. Rinçage matin et soir

Pendant 2 à 3 jours, je rince les germinations matin et soir.
Je les garde sur un coin du comptoir, à la vue, pour y penser chaque fois que je vais à la cuisine.

5. Observer (oui, ça compte)

Les petites racines apparaissent.
Les pois gonflent, verdissent légèrement.

C’est vivant.
Et franchement… ça fait du bien à regarder.

👉 Je les consomme quand le germe atteint 1 à 2 cm. Je les mange crus, mais une cuisson très douce est une belle option aussi.

Pourquoi les germinations m’ont soutenue

Après une infection virale, mon corps était clairement en mode économie d’énergie.

À ce moment-là, je n’avais pas besoin de grandes portions ni de repas élaborés.
J’avais besoin de densité : quelque chose qui nourrit vraiment, sans fatiguer le système digestif.

Les germinations ont répondu exactement à ça.

Nourrir sans forcer

Ce que j’aime avec elles, c’est qu’il en faut très peu.
Une simple poignée suffit à apporter des nutriments concentrés, une sensation de satiété, et surtout une vraie légèreté digestive.

Quand l’appétit est faible, c’est précieux.
On mange peu… mais on nourrit beaucoup.

Et si ça fonctionne si bien, ce n’est pas un hasard.

Ce qui se passe quand une graine germe 🌱

Quand une graine germe, elle ne fait pas que “pousser”. Il se déclenche toute une cascade biochimique.

Dès qu’elle absorbe l’eau, la graine sort de sa dormance et bascule d’un mode survie/stockage à un mode croissance. Ce passage est régulé par un équilibre d’hormones végétales — notamment l’acide abscissique (ABA) qui maintient la dormance, et les gibbérellines (GA) qui favorisent la germination.

Ensuite, la graine active des enzymes (amylases, protéases, etc.) qui commencent à « prédigérer » une partie de ses réserves : amidons, sucres complexes et protéines.
Autrement dit, elle rend ses nutriments plus disponibles, à la fois pour alimenter la jeune pousse… et plus faciles à assimiler pour nous aussi.

Et il y a un point à ne pas négliger : pendant la germination, l’enzyme phytase dégrade une partie du phytate — une molécule qui a « accroche » des minéraux comme le fer, le zinc ou le calcium. C'est un anti-nutriment.
Résultat : la germination améliore la bioaccessibilité des minéraux et oligo-éléments.

Concrètement, pour le corps, ça signifie moins d’effort digestif pour plus de nutrition — exactement ce dont j’avais besoin à ce moment-là.

Pourquoi je parle de rituel, et pas seulement de germinations

Mélanie Ricard-Quirion avec mes germinations de pois et mon infusion quotidienne

Faire germer des pois, ce n’est pas juste une technique pour ajouter des nutriments dans une assiette.

C’est un rituel.

Parce que ce geste s’inscrit dans le quotidien.
Je rince, j’égoutte, je regarde, matin et soir.
Même quand je suis fatiguée. Surtout quand je suis fatiguée.

Parce qu’il engage plus que le corps.
Il y a le corps, bien sûr — nourri doucement, sans surcharge.
Mais il y a aussi l’esprit, qui se pose, qui observe.
Et il y a la relation qui se tisse avec le vivant : attendre, accompagner, laisser faire.

Je ne force rien.
Je crée les conditions, puis j’observe.
La graine fait sa part. Moi, je fais la mienne.

Ce rituel crée une transition.
Entre la maladie et le retour à l’élan.
Entre l’hiver dehors… et un peu de vie qui pousse à l’intérieur.

Je ne “prends” pas un remède.
Je m’inscris dans un geste vivant, répétitif, rassurant.
Un geste qui soutient et transforme doucement.

Et c’est ça, pour moi, la santé naturelle :
pas seulement ajouter quelque chose…
mais être en relation avec ce que je fais, avec ce que je mange, avec ce que je traverse.

Même un rituel très simple — comme faire germer quelques pois sur le coin du comptoir — peut devenir un soin de santé.

Et toi, quel est ton rituel santé préféré en ce moment ?

N’hésite pas à le partager en commentaire.

Pois germés, mon rituel pour faire germer la vie en hiver

Cet article participe à l’évènement interblogueurs “Votre rituel santé préféré” organisé par Aurélie, naturopathe et auteure du blog L’essentiel de mes remèdes naturels (https://lessentieldemesremedesnaturels.fr), dédié à la santé naturelle et à l’hygiène de vie pour accompagner les femmes en (péri)ménopause. J’apprécie particulièrement ce blog, et parmi ses articles, l’un de mes préférés est celui-ci : 7 raisons de Boire de l’Eau Chaude à Jeun le Matin.

6 thoughts on “Faire germer la vie en hiver

  1. Les graines germées sont malheureusement trop souvent utilisées à des fins de décoration alors qu’en quantité suffisante, elles nous aident à faire le plein de nutriments ! J’adore ! Simple, efficace, bon et économique !

  2. Bonjour Mélanie,

    Ce que tu décris est très juste. Je l’ai moi-même expérimenté debut janvier avec le Covid : quand le corps est en convalescence, l’énergie est clairement mobilisée pour la guérison.
    En médecine chinoise, cela explique la perte d’appétit et le besoin spontané d’une nourriture simple, vivante, facile à assimiler.

    Les germinations illustrent parfaitement cette intelligence du corps : nourrir sans surcharger, soutenir le corps plutôt que le fatiguer.

    Et il y a aussi le plaisir de contempler la transformation des graines en petites pousses qui rappelle que notre propre élan intérieur, même en veille, est déjà à l’œuvre et va bientôt se manifester à nouveau.

  3. Merci pour cet article tellement juste et pertinent! Et oui en plus d’être de véritables alicaments, les graines germées peuvent devenir un véritable rituel de reconnexion à soi, de conscience du vivant dans ces graines en dormance! Ce sont de vraies bombes énergétiques avec un effort digestif quasi nul, ce n’est que de l’énergie à disposition… à l’heure actuelle, cela devrait faire partie de toutes les assiettes! Personnellement, j’ai embarqué mes enfants dans ce rituel très tôt, ils adorent voir en action le processus de germination, et ainsi c’est totalement intégré à leurs habitudes de vie!

  4. Merci pour cet article qui me fait redécouvrir les graines germées. J’en achète de temps en temps pour les mettre sur un plat ou une salade pendant 3 jours et j’adore le goût, surtout le fenouil.
    Ma première expérience de germination n’a pas été réussie, tout était moisi ,je ne connaissais pas le protocole que tu as donné.

    1. Merci beaucoup pour ton retour Béa !
      Avec des rinçages réguliers (au moins 2 fois par jour), plus de souci de moisissures.
      Je n’ai jamais testé le fenouil mais ça doit être tellement bon !
      En tous les cas, si jamais tu retentes l’expérience, je serai ravie d’avoir ton retour 😊

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